Compte-rendu du débat "L'école publique malade de la concurrence"

Publié le par CCIE

COLLECTIF « POUR LA CONSTRUCTION D’UN NOUVEAU COLLEGE PROCHE  DES HABITATIONS QUARTIER OUEST AVIGNON  » 

Débat organisé par le Syndicat FSU/SNES le 4 MAI 2011 – Médiathèque J.L. Barrault

« L’école publique malade de la concurrence »         

Compte rendu : Marie Jo Prunet, membre du Collectif.

Une trentaine de participants.

Sébastien Massonnat (F.S.U/SNES) a présenté sur écran les chiffres sur les collèges d’Avignon ; Il s’agit d’une étude demandée par le Conseil Général en 2009 et basée sur les chiffres donnés par l’Inspection Académique et le Rectorat.

Il a commencé son exposé en parlant de la fermeture du collège Paul Giéra comme « un petit  tremblement de terre dans le paysage avignonnais ». Mais en précisant que ce n’était pas le débat de la réunion.

Les chiffres sont flagrants : le public perd des élèves alors que le privé maintient ses effectifs. Ce sont les milieux sociaux favorisés qui vont de plus en plus vers le privé. A la rentrée 2010, sur les 1038 élèves rentrant en 6ème, 27% sont dans le privé et 44% des élèves ne sont pas dans leur collège de secteur.

S. Massonat parle « d’une dimension de classe » que révèle cette concurrence public/privé. Il indique que les dispositifs CLAIR et « Internat d’excellence » (dernières contre-réformes du gouvernement dans l'Education Nationale) aggravent cette situation. Il explique que 7 milliards d’euros sont versés à l’enseignement privé, qu’il ne s’agit donc pas d’une question financière, mais de choix politiques.

Le SNES veut « passer à l’action » et propose d’interpeller les partis politiques avant 2012 sur le financement du privé pour remettre en cause la loi Debré de 1959.

Sont intervenus ensuite :

Didier Blanc, Président de la FCPE Vaucluse qui définit ainsi sa position : « S’il y a financement public, il y a sectorisation et on ne choisit pas ses élèves. C'est-à-dire que si l'enseignement privé reçoit des subventions de l'Etat, il doit avoir les mêmes devoirs que l'école publique : respecter la sectorisation.

Sylvie Deleuil, représentant le Syndicat enseignant Sud Education qui a proposé d’élargir le débat à tous les services publics aujourd’hui privatisés ou en voie de l’être.

Discussion : 

Daniel Landau, Porte parole du ‘Collectif pour la Construction d’un nouveau collège proche des habitations quartier Ouest d’Avignon’ est intervenu immédiatement pour le Collectif. Il a rappelé que la fermeture du collège Paul Giéra en 2009 (par un Conseil Général de gauche) a eu des conséquences graves (+ 52 élèves à l’Institut Champfleury, venant essentiellement de l’Ecole Elémentaire Publique St Ruf ). « Si on veut inverser la tendance, il faudrait que les élus de gauche ne favorisent pas le processus. Nous continuons le combat avec 2400 familles qui ont signé la pétition pour la re-construction. Le Maire d’Avignon est d’accord pour donner la priorité au collège sur le terrain. Mme Archambaud (directrice du Festival d’Avignon) explique que même avec la construction de la Fabrique (salle dédiée au Festival), il restera de la place pour reconstruire un collège. Et elle est même d’accord pour participer à des projets pédagogiques avec le collège, s’il est reconstruit. »   

André Castelli, Vice Président du Conseil Général : «  Après la fermeture du collège Paul Giéra en 200 , on a demandé l’étude présentée. On avait compris que c’était une décision importante. On assume, On n’évacue pas notre responsabilité politique. La discussion, la réflexion doivent se poursuivre. » Il a ensuite parlé de façon générale des privatisations(« Avignon et le Vaucluse sont un territoire expérimental sur la confrontation Public /Privé »), des grands signes de paupérisation à Avignon. Sur la loi Debré, il a dit que c’était « un débat contemporain ».

Vincent Delahaye, Parent d’élèves au Collège Frédéric Mistral, Elu au Conseil d’Administration par ailleurs  membre du Parti de Gauche: Il a rappelé que ce qui s’est passé au Collège Mistral l’an dernier était « très dur » et a provoqué beaucoup de « désillusions ». Que cette année, c’était moins pire mais pas satisfaisant avec la mise en place de classes de niveaux. Il rappelle que les aides aux parents seront remises en cause à la rentrée prochaine. Il se prononce pour l’abrogation de la loi Debré.

Une jeune professeure au Collège Anselme Mathieu, (quartier Sud Avignon) parle de « ghettoïsation de l’établissement ». Elle s’interroge sur l’avenir du collège. A. Castelli l’interrompt pour dire qu’il y a eu décision prise au Conseil Général pour la reconstruction. Daniel Landau dit que pour l’instant ce sont 600 000 € qui sont votés pour… refaire les huisseries.

Une maman d’élève du collège Joseph Vernet (centre ville) : Elle rappelle la mobilisation contre le Conseil Général qui n’a pas tenu ses engagements. « Que chacun balaie devant sa porte et assume ses responsabilités ».

F.B. : Il indique qu’il a vécu l’ouverture du collège Mathieu, qui était considéré comme luxueux. Il intervient sur la loi Debré, début de la destruction de l’école publique, avec l’objectif de détricoter les lois de 1905. Il rappelle que le mot d’ordre de  la République c’est : fonds publics à l’école publique, fonds privé à l’école privée.

Thomas Merzi, du Cabinet de M. Faraud, Elu au Conseil Général (chargé de l’Education) : Il assure que la reconstruction du collège Anselme Mathieu a bien été décidée (10 millions d’euros sont nécessaires). Les huisseries, ce sont des travaux d’urgence, pour des problèmes de température. Il rappelle la responsabilité des gouvernements de droite dans la destruction des services publics et s’inquiète de la paupérisation de la population.

Michel Navarro, PCF : Remettre  en cause  la loi Debré ne lui pose pas de problèmes sur le fond mais il faut accompagner cette action d’un grand débat public et d’un projet ambitieux pour l’enseignement public qui est aujourd’hui source d’échec. Il reparle du plan Vallon-Langevin.

D’autres interventions  reprennent les mêmes arguments je ne les ai donc pas rédigés.

S .Massonnat conclut en disant qu’on peut utiliser une « entrée sociale » plutôt que laïque pour remettre en cause la loi Debré, que le privé refuse d’avoir une délégation de service public. Une pétition et une lettre qui seront mis en ligne demandent que les fonds publics aillent à l’école publique. C'est à dire que l'étude du Snes démontrant bien que les écoles privées ont en leur sein surtout des élèves de parents aisés, et l'école publique étant réservée aux enfants des couches populaires moins riches, le SNES va utiliser cet argument pour combattre la loi Debré.

Daniel Landau: Le "collectif pour la reconstruction du 9ème collège" pour sa part continue son combat pour la reconstruction d'un collège dans le quartier Ouest d'Avignon proche des habitations.  
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article