Résumé de la conférence de presse contre les expulsions, 26 mars 2011

Publié le par CCIE

"Collectif contre les inégalités et l'exclusion"

"Les Enfants de Don Quichotte 84"

"Le Comité contre la Répression : 'Non à LOPPSI 2'

Conférence de Presse : 26 mars 2011 - 15 h

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Symboliquement devant l’immeuble vide depuis plusieurs années d’une surface de 1 000 M2 appartenant à la SNCF - Réseau Ferré de France, situé 1 chemin de Courtine, AVIGNON.

Depuis le 15 mars, la trêve hivernale a vécu. Les expulsions reprennent.

Les jeunes 'squatters' de la rue des lices (8 Jeunes de 20 à 30 ans) sont sous le coup d'une expulsion imminente (jugement en référé du 7 mars, non connu à ce jour de leur avocat !)
Des bâtiments appartenant à des institutions publiques ou para-publiques  sont vides depuis des années sur Avignon, dont celui qui est derrière nous et qui appartient à Réseau Ferré de France. On peut y ajouter un bâtiment de 29 logements de 90 M2 situé rue de la Farandole (quartier Sud) vide depuis 3 ans, la Maison de Retraite René Audon (quartier Sud) appartenant à l’OPH de la Ville d’Avignon …

Des ‘jeunes en errance’ nous ont dit que cet hiver à Avignon on pouvait dénombrer 18 squats, essentiellement occupés par des jeunes.

Les jeunes squatters de la rue des Lices (immeuble appartenant à CITADIS) sont à nos cotés. CITADIS, Société d’Economie Mixte qui bénéficie de l’argent et des garanties qu’offrent les collectivités publiques (Municipalité, Conseil Général), les a assignés au tribunal dès novembre 2010, (réitéré le 31 janvier 2011) demandant leur expulsion par la voix de leur avocat qui plaidait ‘que la trêve hivernale ne soit pas appliquée’ considérant que vivre à la rue pour ces jeunes était un choix ! .

Mme Roig et M. Haut, qui président CITADIS, sont-ils d’accord pour piétiner la convention européenne des Droits de l’Homme qui consacre un droit au logement ? (art. 25)

La période hivernale s’est terminée mardi 15 mars. Le taux d’occupation du dispositif d’urgence a été saturé depuis novembre (veille sociale de février 2011), chaque soir des hommes et des femmes n’ont pu trouver de place.

L’accueil de nuit (1er novembre/15 mars), prévu pour 10 places, s’est vu obligé de faire un roulement pour que les sans abris – parfois jusqu’à 20 personnes) aient à tour de rôle le droit d’être au chaud, assis sur des chaises pendant la nuit… (car ne sont pas prévus les couchages) et maintenant : la rue !

Nous sommes ici pour dénoncer la non prise en charge des jeunes en errance âgés de 20 à 30 ans (de plus en plus nombreux) dans les politiques d’hébergement alors que des projets alternatifs existent, portés par des associations qui pourraient par exemple être ‘expérimentés’ dans les immeubles vides.

Nous avons interpellé à de multiples reprises Le Préfet, M. Devret puis M. Burdeyron, les Sous Préfets Mme Castellotti et M. Meynard. On nous dit depuis 4 ans ‘nous réfléchissons’ ! Pendant ce temps, ces jeunes survivent aux prises avec la violence de la rue. 

La fin de la période hivernale, c’est aussi le retour des expulsions de locataires (+48% en dix ans) 106 488 en 2009. La majorité sont des personnes de bonne foi confrontées à de grosses difficultés comme 1 ménage sur 5 en Vaucluse, qui ont des revenus en dessous du seuil de pauvreté.

C’est le moment choisi par un député UMP, l’ancien garde des sceaux M. Dominique Perben, pour présenter le 2 mars une proposition de loi prônant l’expulsion des familles y compris pendant la trêve hivernale sur simple décision préfectorale ! C’est ignoble.

Au contraire, nous demandons à M. Le Préfet de ne pas autoriser l’utilisation de la force publique pour exécuter ces basses œuvres, mais il est tout à fait souhaitable qu’il use de son pouvoir que lui donne l’ordonnance de 1945 - confirmée par la loi de 1998 relative à l’interdiction des exclusions, qui rend possible la réquisition de logements vides, à fortiori quand il s’agit de logements de sociétés para-publiques comme ce bâtiment de près de 1 000 M2 propriété de la SNCF.

Bobigny, Sevra, Tremblay en France, Villepinte et bien d’autres villes ont pris des arrêtés ‘Anti expulsions’, il est de plus en plus difficile à la justice de motiver l’annulation de ces arrêtés municipaux.

Avignon peut aussi contribuer à une évolution humaine du droit en interdisant les expulsions et instituant une obligation de relogement, il y a 4000 demandes de logements en attente pour cela dans notre ville.

La loi DALO (Droit au logement opposable), obtenue par l’action des Enfants de Don Quichotte et des sans-abris de l’hiver 2006, est un pas en avant pour la reconnaissance du droit au logement pour tous. Elle oblige les bailleurs sociaux à accepter des demandes prioritaires pour les cas les plus insupportables.

Notre collectif aide les demandeurs dans leurs démarches (comparable à un parcours du combattant) et quelques uns ont obtenu  par ce biais un logement.

La loi DALO a aussi le mérite de mettre en lumière les besoins en logement très sociaux mais son application se heurte à l’insuffisance du parc de logements sociaux.

C’est un maillon de la chaîne, elle ne peut à elle seule résoudre le problème du logement.

Depuis 2007, nous constatons avec notre ‘Caravane du Logement social’ qui sillonne les quartiers d’Avignon, le fossé grandissant entre les demandes et l’offre de logements à loyers accessibles pour la population.

Il faut donc poursuivre et amplifier sans relâche les actions que nous menons dans ce domaine.

Quand à DIMITRI, FABIEN, NICOLAS, OLIVIA, SEBASTIEN et les AUTRES qui n’osent pas sortir de leur anonymat : quel est leur avenir près l’expulsion imminente de leur abri de fortune ?  

LA RUE, LA RECHERCHE D’UN NOUVEL ABRI :  LA GALERE ! LA DEGRINGOLAGE ! 

Publié dans Conférences de Presse

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F
<br /> Bonjour et merci pour votre réponse.Tout d'abord je ne suis pas le nanti haineux que vous avez cru reconnaitre,je connais bien la maman de Dimitri et j'ai réagi face à sa conternation et à son<br /> désarroi.Je n'ai rien contre ce garçon,mais dans l'article quand il déclare"nous n'avons pas le choix"celà implique que c'était la rue ou rien.Il n'en est rien car sa maman continue à lui faire des<br /> courses réguliérement(je le sais pour l'accompagner à Avignon)Je n'entretien pas une haine viscérale pour les sans abri,loin s'en faut.Jdis que Dimitri avait le choix de travailler,il à chosi une<br /> autre voie,dommage,sachez egalement que en régle générale j'admire le courage dont vous faites preuve,sincéres salutations.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Bonjour,je réagis à l'article qui concernait en l'occurence DIMITRI,je connais bien ce garçon et en aucun cas ce dernier n'a eu un jour l'intention de travailler!!il n'a pas besoin de fréquenter<br /> les vieux routars pour fumer des joints à longueur de journée!!Ce garçon à choisi contrairement à ce qu'il affirme!!c'est un fumiste,ses propos discrédite sa maman qui s'en ai toujours occupé<br /> parfaitement,celle ci ayant lu l'article est ELLE dépitée par tant de mensonges!<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Bonjour Francis,<br /> <br /> <br /> Merci pour votre message plein de gentillesse... J'ai l'habitude d'en recevoir souvent sur ce blog. En général, je décide de les ignorer, mais pour une fois je vais le laisser - fautes comprises<br /> - et y répondre. Il est parfaitement representatif de la réaction pleine de bétise crasse que font preuve les gens bien installés comme vous à l'égard des sans-abris.<br /> <br /> <br /> Vous connaissez bien Dimitri, parfait. Vous êtes, si j'ai bien compris, un ami de sa mère. J'aimerais répondre point par point à votre message.<br /> <br /> <br /> Déjà, permettez moi de vous dire que vous ne rendez service à personne avec de tels propos : ni à Dimitri, qui en à, en effet, surement assez de cette vie de rêve de "fumeur de joins" sans<br /> travail, c'est pour celà qu'il à fait appel à de "vieux routars" pour essayer de s'en sortir ; ni à sa mère, en dènigrant ainsi son fils, et par dessus tout son éducation (parfaite, sans aucun<br /> doute, le choix de vivre dans la rue pour Dimitri en est la meilleure illustration). A sa place, je me dis que moi aussi j'aimerais avoir un bon ami comme vous qui poste sur internet des messages<br /> idiots et stériles sur mon fils.<br /> <br /> <br /> Les "vieux routards" auquels vous faites allusion sont des responsables associatifs reconnus par les habitants et les élus d'Avignon pour leur travail sur le terrain en faveur des sans-abris<br /> depuis de nombreuses années. Ces sales gauchistes, hippies sur le retour, font tout ce qui en leur pouvoir pour que ces assistés de SDF, qui nous bouffent tous nos impots avec leur RMI, ces<br /> va-nu-pieds, puissent fumer leur herbe avec le sourire et un toit sur la tête...Vous voilà conforté dans vos idées reçues ?<br /> <br /> <br /> Bien, alors parlons sérieusement : notre collectif répond à des situations d'urgence en proposant de loger les sans-abris dans des logements vides, et qu'ils soient ensuite pris en charge par les<br /> services sociaux. Cet état de fait n'a pas vocation à durer. Celà vous parait peut être plus choquant que de les laisser dormir seuls dans le caniveau ? (ils l'on bien mérité, après tout...)<br /> Ensuite, nous agissons pour leur réinsertion, un logement dans un foyer, ou un HLM, etant le premier pas vers un travail, donc un salaire, et une vie décente et normale...et le retour de la<br /> confiance et l'estime de soi, l'arrêt de la drogue, de l'alcool.<br /> <br /> <br /> Je ne connais pas ici ce garçon, ni son parcours et les raisons qui l'ont amené à vivre dans la rue. Mais pour avoir été en contact avec de nombreux SDF, je peux dire, sans risque de trop me<br /> tromper, que cette situation arrive après de nombreux echecs (problèmes familiaux, professionnels, depressions, maladies...) et que ce n'est pas un choix, comme la drogue, à moins que ces<br /> personnes aient baissé les bras. Pourquoi alors avoir une réaction aussi dure ? Votre colère ne devrait pas se retourner contre eux. Vous semblez dire que cette vie est belle, les doigts en<br /> éventail au bord de la route. Ce n'est pas le cas...La réalité, pour un SDF, c'est : ne pas manger à sa faim, ne pas pouvoir dormir la nuit, être confronté à la violence, mourir prématurément.<br /> <br /> <br /> Je terminerais en proposant à la mère de Dimitri, si elle le souhaite, de nous contacter pour qu'elle puisse recoler les morceaux avec son fils. Il veut s'en sortir, il à fait appel à nous, c'est<br /> un premier pas.<br /> <br /> <br /> J'espère vous avoir fait réflèchir un peut, et je vous souhaite bonne continuation.<br /> <br /> <br /> <br />