Courrier de C. Haut au Collectif P. Giéra (5 Mai 2009): notre réponse
Et à la suite, une copie de son courrier en intégralité.
Nous avons demandé à trois reprises un rendez vous à M. Claude HAUT pour lui remettre les 1 900 pétitions.
Son courrier du 5 Mai est une fin de non recevoir négligeant ainsi l'expression citoyenne.
Dans ce courrier, il nous répond point par point à notre lettre du 21 Avril 2009.
Son courrier nous amène à donner notre point de vue à propos du contenu de sa réponse par voie de presse et par lettre ouverte.
(A noter que certains faits évoqués à la conférence de presse ne figurent pas car trop récents) :
- M. Claude Haut évoque l'avis favorable des CDEN (Comité Départemental de l'Education Nationale).
Rappelons que ces votes se sont déroulés sans débat contradictoire et que nos rencontres avec plusieurs membres du CDEN ont amené une modification des opinions entre les deux réunions.
Nous rappelons aussi qu'à l'exception d'un seul, les syndicats d'enseignants et une des deux fédérations de parents d'élèves représentatives ont voté contre la fermeture et que le Conseil Régional PACA. siégeant au CDEN vauclusien était absent et ne s'est donc pas exprimé.
A noter que nous avons depuis écrit à quatre reprises à M. Michel Vauzelle (dernière fois en date du 25 Mai) pour qu'il se prononce à ce sujet et donner ainsi tout son sens à son mandat (d'autant plus qu'il vient d'être à l'initiative de la proposition d'inscription dans la constitution de la charte des services publics). Nous n'avons pas eu de réponse.
M. HAUT évoque l'avis favorable donné par des associations et par différentes personnalités intervenants dans le quartier.
A notre connaissance, les associations de parents d'élèves indépendantes du collège Paul Giéra et de St Roch se sont prononcées contre la fermeture du collège et pour sa reconstruction.
S'il s'agit des personnalités qui se sont exprimées dans la presse, elles ont de peu de poids face aux 1.900 personnes qui exigent par pétition la reconstruction du collège, et que M. HAUT continue à vouloir ignorer.
- Sur la question de la baisse des effectifs qui justifierait la fermeture, notons que M. HAUT parle de 300 élèves. A l a rentrée 2008, il y en avait 393.
Si on constate une baisse, cela est dû aux atermoiements du Conseil Général après la décision prise de reconstruire le collège en 2002 et sans cesse différée ainsi que la dégradation des locaux et la suppression d'options attractives.
Il justifie aussi cette décision par des résultats insuffisants au baccalauréat, ce qui n'a pas de sens.
Les collèges préparent au BEPC et à une orientation positive à l'issue de la 3ème.
Pour mémoire, il faut rappeler que si en 2001 il n'y avait à Paul Giéra que 45% de réussite au Brevet des Collèges, en 2005 cette réussite est montée à 70%.
La répartition des élèves dans d'autres collèges n'est en rien une contribution à la réussite et à la mise en œuvre d'une véritable mixité sociale.
Faut il rappeler qu'une division et 55 Elèves SEGPA, soit 20 % des effectifs, vont se retrouver au collège Anselme Mathieu lui aussi 'type pailleron' qui accueille déjà des élèves d'un quartier lui aussi 'ghettoisé.
La Mixité Sociale invoquée n'est qu'un habillage pour masquer les vraies raisons de la fermeture qui sont purement économiques, comme l'a déclaré M. FARAUD aux syndicats d'enseignants.
Une enseignante a participé il y a 2 ans à une réunion des directeurs des écoles élémentaires du secteur scolaire de Paul Giéra à la demande de M. LAURENT inspecteur d'académie de l'époque. Tous ont exprimé la nécessité de maintenir un collège de proximité. Pourquoi cette information a été dissimulée aux conseillers généraux avant leur vote ?
- M. Claude HAUT reconnaît notre ténacité, il semble regretter la fin de la sectorisation : Il est loin de s'opposer à la désectorisation déjà à l'œuvre à Avignon, (ville pilote en la matière), mais avec sa suppression, le collège Paul Giéra ne fait que s'y conformer.
Si on devait en rester là, ce serait le premier cas de suppression d'un service public d'éducation dans les quartiers dit sensibles : bien d'autres risquent de suivre avec la généralisation de la fin de la carte scolaire annoncée par le gouvernement en 2010.
Evoquer la présence des services du Conseil Général à travers le CMS (Centre Médico-social Départemental) ne peut, au mieux, que témoigner du malaise de la majorité départementale après cette funeste décision.
Le transport : Le temps du trajet en bus ne serait « que peu au regard du temps de parcours que certains élèves en milieu rural sont amenés à effectuer chaque jour ».
Les élèves en milieu rural bénéficient de transports scolaires et il est vrai que le Vaucluse est composé essentiellement de cantons ruraux représentés à l'assemblée départementale, mais à Avignon nous sommes en milieu urbain et prendre les bus de ville n'est pas comparable et ne peut qu'entraîner des obstacles supplémentaires pour ces élèves de Monclar et une réelle inquiétude pour les parents.
(les collégiens de Monclar seront les seuls collégiens avignonnais à subir cette contrainte dans leur déplacement pour se rendre au collège)
L'annonce de la gratuité du transport et de la cantine pose bien des questions : Cette annonce faite sous forme de communiqué publicitaire dans la presse les 7 et 9 Avril :
1 - ne pourra être vécue que comme une injustice au sein même des familles et entre les familles et peut être entre les quartiers, ce qui est source de tensions.
2 - À aucun moment il n'est question de la durée.
Mme BRAIZET, du cabinet de M. HAUT, s'est engagée le 29 Avril à nous faire parvenir la délibération instituant la gratuité. N'ayant rien reçu, nous avons pu la joindre le 28 Mai « le texte n'est pas encore finalisé » nous dit -elle...
Sera-t-il présenté à la commission permanente ce jour ?
Si ce n'est une publicité mensongère, n'est-ce pas un véritable abus de pouvoir d'annoncer dans la presse des mesures qui n'ont été présentées ni à l'avis de la commission permanente, ni à la délibération de l'assemblée départementale ?
Par ailleurs nous allons écrire à M. Le Préfet pour qu'il exerce le contrôle de légalité quant à cette mesure de gratuité qui concernerait qu'une 'catégorie de personnes'.
Et à l'Inspecteur d'Académie pour l'interroger car le prix de la demi-pension (qui est du ressort des conseils d'administrations des établissements).
Le 12 Mai, La Provence révèle le contenu d'un courrier du principal du Collège Vernet. Il exprime sa perplexité devant l'ampleur de la tâche et de tous les problèmes à venir.
Si grâce aux travaux il y aura 30 places au lieu de 25 au self-service, c'est peu pour 550 élèves, dont 4 divisions venant de Giéra (sachant aussi que certains cours commencent à 13h).
- M. Claude Haut dit que « la reconstruction du collège est impossible aujourd'hui » mais dans la même phrase, il laisse la porte ouverte car il dit « que cela ne préjuge en rien de ce qui pourra se passer dans les prochaines années avec la rénovation du quartier Monclar qui est une nécessité »
La reconstruction d'un collège dans ce quartier Monclar n'est donc pas écartée mais pour maintenir cette possibilité faut-il encore disposer d'un terrain de 26 800 M2 nécessaire et ne pas inciter Mme ROIG (restée curieusement silencieuse dans ce dossier) a y transférer l'Ecole des Beaux Arts en lui proposant une aide financière du Conseil Général. La rénovation urbaine étant en cours il n'y a pas d'autre terrain disponible il faut donc le préserver.
- M. Claude Haut revendiquant son étiquette socialiste se dit, comme nous, attaché à l'Ecole de la République,
M. Claude Haut « ne peut accepter le statu quo d'un conservatisme » dont il nous accuse « être les défenseurs », mais pour nous, M. Haut, l'abandon d'un service public d'éducation dans notre République n'est pas un progrès, d'autant que cette décision laisse le champ libre au seul collège d'enseignement privé : l'Institution Champfleury dans le quartier Ouest d'Avignon qui compte plus de 12 000 Habitants.
La suppression de l'Etablissement d'Enseignement Public Paul Giéra, si on en reste là, serait un coup porté aux valeurs de la laïcité, un principe fondamental de notre République, qui témoigne d'un véritable progrès humain.
D'ores et déjà, nous demandons au Conseil Général de prévoir les crédits permettant la démolition des bâtiments préfabriqués dès la fermeture du collège prévue le 31 Août 2009, ainsi qu'un engagement financier ferme pour une reconstruction rapide.
M. Castelli, vice-président du Conseil Général, conseiller général du canton Avignon Est, nous a reçus hier le 28 Mai. Nous lui avons dit que la population n'accepte pas la suppression d'un collège public sur ce territoire. Il a admis que la question de l'implantation d'un nouveau collège est posée.
Fait nouveau : de jeunes salariés habitant le lotissement neuf, rue Corelli (où le T.2 est à 530 € mensuels), relaient notre action sur leur lieu de travail. 41 locataires sur 43 rencontrés approuvent notre action .

